Assemblée Générale Elective CBO-EPT

Le jeudi 07 mars 2019, s’est tenu au siège de la Coalition Béninoise des Organisations pour l’Education Pour Tous (CBO-EPT), la cinquième (5ième)Assemblée Générale Elective.  15 Organisations de la Société Civile sur les  16 affiliées à la Coalition y ont pris part.

L’assemblée Générale s’est penchée entre autre sur l’adoption du Plan Stratégique de Développement (PSD) , la révision et l’adoption des textes fondamentaux ( Statuts et Règlement Intérieur) et l’élection du nouveau bureau de 11 membres dont 5 femmes pour un mandat  de trois ans.

Le nouveau bureau se présente comme suit:

Président: Thomas K. CAKPO

Vice-Président: Arsène ADIFFON

Secrétaire Général: Mouhamadou YAROU 

Secrétaire Général Adjoint: Carine AGOSSOU 

Trésorière Générale: Laurette SOUALY 

Trésorier Général Adjoint: Franck SEDJRO 

Responsable Communication et Plaidoyer : Berthe TEHOU 

Responsable Equité, Genre et Diversité : Philomène CHINCOUN 

Responsable chargé des coordinations départementales: Gaétan KPONOUKON 

1er conseiller: Paul LOKO

2ième conseillère: Claudine DAIZO.

Nous souhaitons plein succès à la nouvelle équipe.

 

Vitale OKE

Chargée des Programmes CBO-EPT

 

 

 

CONFÉRENCE DE PRESSE SUR LE NOUVEAU RÈGLEMENT INTÉRIEUR DES ECOLES PRIMAIRES ET PRIVEES AU BENIN

Un nouveau règlement intérieur en vigueur

Après vingt-sept ans d’application, l’ancien règlement intérieur en vigueur dans les établissements maternels et primaires au Bénin est remplacé par un nouveau. Il a été révélé par la Coalition Béninoise des organisations pour l’éducation pour tous (CBO-EPT) au cours d’une conférence de presse, vendredi 4 mai dernier à Cotonou et à laquelle ont pris part des représentants du ministère des Enseignements maternel et primaire.
Les faits et gestes au sein des écoles maternelles et primaires publiques et privées du Bénin sont régis depuis le 26 mars 2018 par un nouveau règlement intérieur. Pour vulgariser ce texte réglementaire, la Coalition a organisé la présente conférence de presse.
Il s’agit de l’arrêté N° 034/Memp/Dc/Sgm/Ctj/Dep/Sp/Sa 025Sgg18 du 26 mars 2018 portant modification du Règlement intérieur des écoles maternelles et primaires publiques et privées en République du Bénin et signé du ministre Salimane Karimou. Contrairement à l’ancien texte de 10 chapitres, celui-ci en compte 19 avec 63 articles. Son champ d’application concerne non seulement les élèves mais aussi s’étend aux autres usagers de l’école. Insistant sur les modifications apportées, Berthe TEHOU, représentant pays de l’Ong Aide et action internationale, membre de la Coalition, indique que le nouveau texte a 9 chapitres de plus que l’ancien. Ces derniers, explique-t-elle, traitent de la protection des écoliers handicapés, de la protection contre les atteintes sexuelles, du décrochage et de l’orientation professionnelle, de l’interdiction des châtiments corporels et traitements inhumains et dégradants. Les questions des vendeuses dans l’école, de l’utilisation des latrines, de la solidarité et l’esprit de groupe, du gardien de l’école et d’autres personnels de soutien et de l’utilisation des langues maternelles font chacune également l’objet d’un chapitre. Ainsi par exemple, il n’est plus question de renvoyer un écolier pour insuffisance de travail mais de procéder plutôt à une orientation professionnelle. De même, le fait pour un élève de parler sa langue maternelle à l’école ne constitue plus une faute punissable.
Aussi obligation est-elle faite à l’école « d’assurer la promotion et l’utilisation de nos langues nationales, de la langue des signes et de l’écriture braille ».
Les failles de l’ancien règlement
Evoquant la caducité de l’ancien texte, Mohamadou Yarou, représentant de Plan international Bénin, expose les motifs de sa révision. Selon lui, les dispositions de ce règlement intérieur avaient seulement ciblé les apprenants et étaient totalement muettes sur les comportements attendus des autres usagers de l’école dont en première ligne les enseignants. Dans ces conditions, les enfants sont victimes, entre autres, de châtiments corporels. Pour souligner l’ampleur du phénomène, MohamadouYarou a cité des enquêtes réalisées par sa structure en collaboration avec d’autres Organisations de la Société civile sur la question entre 2015 et 2018 dans l’Atacora. Il rapporte que 86 % des apprenants filles et garçons sont victimes de châtiments corporels en 2015. La situation s’est aggravée en 2016 où 89 % des enfants en sont victimes alors qu’en mars 2018, le phénomène a considérablement régressé avec 52 % touchés par le mal toujours dans ce département du septentrion. « Ce qui constitue un frein pour la réussite scolaire des enfants », souligne Mohamadou Yarou ajoutant que les auteurs de ces actes et ceux des abus sexuels ne sont pas toujours inquiétés. « Avec l’avènement du nouveau règlement, plus rien ne sera comme avant », avertit-il. Car ses dispositions prennent en compte celles de la Loi n°2015-08 du 8 décembre 2015 portant Code de l’enfant en République du Bénin, explique-t-il.
Le processus d’élaboration du nouveau règlement intérieur, dévoile Thomas Kossi Kakpo, président du Conseil d’Administartion de la Coalition, s’est déroulé suivant la démarche participative. Il a impliqué toutes les catégories d’acteurs de l’école avec plusieurs étapes, assure-t-il.
Se félicitant de l’élaboration du nouveau texte, le représentant du ministre des Enseignements maternel et primaire, Roch Ahokpossi, point focal de la Coalition, assure que l’arrêté ne sera pas jeté dans les tiroirs. Selon lui, le ministre a déjà pris les dispositions pour sa vulgarisation qui sera suivie de l’élaboration d’une charte par chaque établissement pour une meilleure application.

Vitale OKE

Chargée de Programmes CBO-EPT

PROMOTION DE L’EDUCATION INCLUSIVE AU BENIN : UN GRAND DEFI A RELEVER POUR UN SYSTEME EDUCATIF PLUS EFFICACE

En dépit de tous les efforts remarquables consentis ces dernières années par les différents acteurs du système éducatif de notre pays le Bénin, celui-ci continue malheureusement de produire des milliers d’exclus. Ceux-ci, du fait de divers facteurs, ne bénéficient pas d’un environnement favorable à leur éducation.

En effet, selon le Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH 4) réalisé en 2013, on dénombre 10.008.749 habitants dont près de la moitié 4.338.795 est âgée de 3 à 17 ans. Parmi ces derniers, 1.903.069 enfants sont exclus de l’école. En termes clairs, 4 enfants sur 10 sont en dehors de l’école. Or, l’école se doit d’être inclusive afin de garantir une efficacité du système éducatif. Face à ce tableau peu reluisant qui interpelle tous les acteurs du secteur éducatif, il est urgent d’agir  afin d’inverser cette tendance. Pour y parvenir,  un réel travail d’information et de sensibilisation s’impose à l’endroit des principaux acteurs en vue de leur permettre de se faire une juste idée du phénomène, ses causes ses manifestions, ses conséquences ainsi que les leviers sur lesquels il convient d’agir. Ceci peut se traduire par un certain nombre d’interrogations : qu’est-ce qu’un enfant hors de l’école ? Qu’est-ce que l’éducation inclusive, quels sont les groupes concernés par l’exclusion ? Quelles sont les raisons de l’exclusion et quelles en sont les conséquences ?? Quelles stratégies mettre en œuvre pour assurer la scolarisation et le maintien de tous les enfants à l’école ?

La Coalition Béninoise des Organisations pour l’Education Pour Tous (CBO-EPT), dans sa mission d’œuvrer pour l’atteinte des objectifs de l’Education Pour Tous, fait de  l’éducation inclusive de base de qualité Pour Tous une priorité au Bénin. Dans ce premier article consacré à la thématique  elle se propose de clarifier le concept : exclusion et  éducation inclusive

Une définition large de la notion d’enfant « exclu » ou «hors de l’école» a été retenue en tenant compte du cadre conceptuel mis au point par l’initiative mondiale en faveur des enfants non scolarisés (UNICEF/ISU, 2011). Il existe cinq(05) dimensions d’exclusion scolaire adoptées par l’OOSCI (Out Of School Children.) à savoir : les non-inscrits au préscolaire, les enfants en âge d’aller au primaire et au premier cycle du secondaire non scolarisés ou scolarisés tardivement, les enfants en âge d’aller au primaire et au premier cycle du secondaire qui présentent des risques d’abandon (Dia, Diop et Jacquemin, 2016). Il s’agit alors des enfants non scolarisés, des enfants déscolarisés. Ces enfants se situent au niveau de toutes les catégories sociales telles que les enfants des rues, des filles, des groupes d’enfants appartenant à des minorités ethniques, des enfants issus de familles démunies financièrement, des enfants issus de familles nomades, de familles réfugiées ou déplacées, des enfants vivant avec le VIH/SIDA, des enfants handicapés, etc.

 Mais, qu’est-ce qu’alors l’éducation inclusive ?

La thématique de l’éducation inclusive peut se comprendre avec l’exclusion.

En effet, l’éducation inclusive est un processus qui vise à accroître la participation et à réduire l’exclusion en répondant efficacement aux différents besoins de tous les apprenants. Généralement, elle prend en compte les besoins individuels en matière d’enseignement et d’apprentissage de tous les enfants et jeunes gens en situation de marginalisation et de vulnérabilité : enfants des rues, filles, groupes d’enfants appartenant à des minorités ethniques, enfants issus de familles démunies financièrement, enfants issus de familles nomades / réfugiées / déplacées, enfants vivant avec le VIH/SIDA et enfants handicapés (Handicap International, 2012). Ainsi, le but ultime de l’éducation de qualité inclusive est d’en finir avec toute forme de discrimination et de favoriser la cohésion sociale (Handicap International / Togo, UE, 2010). Elle a pour objet d’apporter des réponses adéquates aux besoins d’apprentissages très divers qui s’expriment dans le cadre de l’éducation formelle et non formelle. Pour ce faire, un soutien supplémentaire est apporté aux élèves au sein du système scolaire ordinaire.

LES CAUSES DE L’EXCLUSION

Les raisons de ladite exclusion sont nombreuses : les barrières liées aux pesanteurs socioculturelles (attitudes négatives de la cellule familiale, de la communauté, et des politiques, mauvaise perception du handicap, marginalisation des enfants handicapés, ignorance de l’importance de l’école),  qui font que les parents gardent à la maison les filles et les enfants en situation de handicap au profit des enfants dits valides. A cela il faut ajouter l’inexistence d’une politique claire pour l’identification, le référencement et le suivi des enfants handicapés à l’école et hors de l’école, le caractère parcellaire des  études réalisées sur cette question L’inexistence de données statistiques actualisées sur le nombre d’enfants handicapés devant bénéficier d’un appui direct. De plus, les services intervenant dans le domaine social ne mènent pas d’actions en synergie (Ministère de la Santé, Ministère de la Famille et Ministères des enseignements) . On ne peut terminer cette liste sans marquer la faible volonté politique des gouvernants sur l’inclusion en général  et l’inclusion en éducation en particulier. Conséquence, on retrouve un nombre important d’enfants hors de l’école avec une disparité non négligeable d’accès à l’école selon les régions et les genres. Pour finir une situation qui interpelle « t qui appelle des actions fortes.

Contribution de la  Coalition Béninoise des Organisation pour l’Education Pour Tous (CBO-EPT).